Terra Nova Etudiants

On 12 mai 2013 0 Comment

Jeudi 9 mai Terra Nova Assas recevait Laurent Deborde, analyste financier, à l'occasion d'un café-débat sur la loi de séparation et de régulation des activités bancaires.

On 3 mai 2013 0 Comment
 
Venez débattre autour d'un café avec Peter Gumbel, ex-journaliste chez Reuters, collaborateur pour Time et Fortune et enseignant à Sciences Po. Auteur de "On achève bien les écoliers" et "French Vertigo", Peter Gumbel commentera également la sortie de son prochain ouvrage: "Elite Academy: Enquête sur la France malade de ses grandes écoles", sortant le 15 mai prochain.

Achève-t-on bien les écoliers en France? Faut-il supprimer les grandes écoles? Les élèves sont-ils malades du système éducatif français? Quel avenir pour l'éducation en France?
 
Le nombre de participants est limité à 20 personnes.
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On 2 mai 2013 0 Comment

Jeudi 2 mai à 19h00, venez en débattre autour d'un café avec Henri Bergeron, chercheur à Sciences po et spécialiste en toxicomanie. Organisé par Terra Nova Assas, ce débat s'annonce particulièrement stimulant: la légalisation du cannabis est-elle un progrès social ou une défaite philosophique et morale? La consommation du cannabis présente-t-elle de réels risques pour la santé publique?

Le nombre de participants étant limité à 20 personnes, inscrivez vous le plus rapidement possible sur la page Facebook de Terra Nova Assas pour être sûrs de pouvoir participer!

On 12 avril 2013 0 Comment

Introduction

J’ai commencé ma thèse en 2003, qui portait sur le discours du Front National sur les relations internationales de 1972 à nos jours. Mais depuis que j’ai intégré la Fondation Robert Schuman , je ne m’intéresse plus seulement au Front national, mais plus largement aux partis d’extrême droite européens.

Il s’agit d’un sujet d’actualité qui pose de nombreuses questions. Je chercherai plutôt à expliquer pourquoi, aujourd’hui, les extrêmes marchent, prennent corps. Au départ, ils avaient un rôle essentiellement contestataire, étaient constamment dans l’opposition et il était évident qu’ils ne pourraient jamais prendre le pouvoir. Aujourd’hui, l’extrême-droite ne concerne plus seulement le cas français et ce sont des partis qui font des voix : presque 18% l’an dernier aux élections présidentielles en France, députés en Europe, certains membres de l’ancien gouvernement Berlusconi…

⇒ pourquoi ce discours marche-t-il aujourd’hui, alors qu’il n’a pas fondamentalement changé ? Selon moi, il faut distinguer trois séries de raison :

1) Un contexte porteur

Il faut d’abord considérer le contexte depuis le début des années 2000 et particulièrement depuis le 11 septembre 2001, qui a été a l’origine d’un nouveau contexte international, ainsi que l’actuelle crise économique et sociale. Cette crise fragilise les sociétés, les peuples européens sont plus réceptifs à un discours de repli national qui tend à incriminer les institutions européennes. Les individus se montrent plus méfiants vis-à-vis de l’Autre, c’est-à-dire de l’étranger. On peut remarquer une crise de « l’idéal international ». Dans les années 80 et 90, l’UE a provoqué des phénomènes positifs et il y avait consensus sur l’idée que la mondialisation apportait un « plus » à la société. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : il y la crise et les exclus de la mondialisation. Les extrêmes anti-européens et hostiles à la mondialisation présentent ainsi un discours rassurant et attrayant pour les individus.

Le phénomène de l’immigration entre également en jeu : c’est un fait que l’UE change de visage, que des sociétés multiculturelles apparaissent.

Le discours des extrêmes est donc en résonance avec la crise internationale, mais aussi avec une crise du politique, alimentée par les « affaires » (affaire Cahuzac) et l’incapacité des partis traditionnels à résoudre les problèmes. La moralité de la vie politique a changé. L’idée du « tous pourris » est présente dans le discours des extrêmes depuis les années 80, mais elle marche de mieux en mieux car elle semble confirmée par l’actualité (affaire Strauss-Kahn…).

2) Les extrêmes ont changé.

Un changement marqué s’est fait depuis le début des années 2000 : les extrêmes aujourd’hui ne sont plus ceux des années 30. Cela est particulièrement dû à l’arrivée de nouvelles générations, avec un certain nombre de dirigeants féminins (en France, en Norvège, au Danemark), ce qui contribue à donner aux extrêmes une image plus douce, plus nuancée, plus respectable.

Ce changement est aussi visible au niveau des idées : il n’y a plus d’antisémitisme affiché (qui a cependant été remplacé par un discours contre l’islam).

Donc les extrêmes se modèrent, et ce discours qui se modère est plus en phase avec les attentes de la population. C’est un discours qui se « gauchise ». Aujourd’hui, dans les sondages d’opinion, pour une population croissante en Europe, les partis extrêmes ne sont plus considérés comme des partis dangereux. Selon le baromètre annuel de TNS-Sofres pour le Monde de janvier 2013, pour la 1ère fois en France, moins de 50% des gens pensent que le Front National est un parti dangereux.

3) Evolution de la perception des opinions publiques

Le centre de gravité de la politique européenne a changé. Ce qui était considéré comme antidémocratique, comme inacceptable dans les années 80, ne l’est plus (ou moins) aujourd’hui. En 1968, être autoritaire, c’était automatiquement être antidémocratique. Aujourd’hui, beaucoup considèrent que les pays européens ont manqué d’autorité, et cette notion apparaît plus acceptable. Il en est de même pour le concept de nation : le repli national et l’islamophobie sont des sentiments davantage partagés, la perception du public par rapport à ces discours a changé. De même pour la question du libéralisme, qui est rejeté de manière beaucoup pus forte que dans les années 80.

Ce ne sont donc pas seulement les idées développées, mais aussi les perceptions sur ces discours qui changent.

A l’échelle européenne, la montée des populismes est-elle inévitable ?

Elle n’a pas été évitée. Les extrêmes ont posé des débats qui ont été récupérés par les autres partis politiques et sont aujourd’hui portés par d’autres. Il fallait éviter que les extrêmes aient le monopole sur ces sujets : l’immigration, les conséquence de la mondialisation… Le terme de « démondialisation » utilisé par Montebourg est en fait un terme forgé par le FN dans les années 90. De même, Mélenchon a récupéré le discours sur l’Europe anti-technocratique et anti-démocratique. Cette récupération a aussi été faite par les partis dits modérés.

Pour ce qui est du cas particulier de la Hongrie (réforme de la Constitution…), n’y a-t-il pas là quelque chose de plus profond et un retour à une extrême-droite très dure ?

Je crois qu’il faut distinguer entre une extrême-droite de l’Ouest et une extrême-droite de l’Est : ce sont des contextes nationaux différents. Les pays de l’Est ont longtemps été séparés par le rideau de fer, ils ne sont arrivés à la démocratie que très récemment. Dans ces pays, les pratiques autoritaires choquent moins car elles sont davantage intégrées. Le discours de l’extrême-droite y est beaucoup plus identitaire, presque raciste, et il fonctionne beaucoup mieux car il y a toujours eu des problèmes de minorités nationales très forts. Ce sont des nations jeunes qui n’ont pas encore intégré la dimension d’Etat-nation. En Hongrie, il s’agirait de reconstruire la « grande Hongrie » d’avant le traité de Trianon , et d’exclure la minorité non magyarophone.

La critique de l’UE et de la mondialisation y est sensiblement la même mais avec une spécificité : les discours sont plus véhéments, il y a une réelle violence à l’égard des minorités nationales (par exemple en Bulgarie).

On peut donc dire qu’il s’agit d’une différence historique (et le nationalisme fait toujours référence aux préoccupations nationales).

La France n’est-t-elle pas un cas spécifique, car l’extrême-droite y existe depuis longtemps et était déjà forte dans les années 90. Dans les chiffres, la différence n’est pas si grande entre aujourd’hui et il y a 10-15 ans. S’il y a une différence, n’est-elle pas plutôt en lien avec l’évolution de la droite ?

La poussée des extrêmes est visible de deux façons :

- premièrement, par une poussée dans les urnes. Pour la France, il est vrai que cette poussée en 2012 n’est pas forcément significative par rapport à 2002 ou 2008, mais le score de 17,9% aux dernières élections est quand même un record. Par contre, il y a une percée manifeste sur ce plan dans les pays scandinaves, qui n’avaient jamais connu ce genre de mouvement auparavant, en tout cas depuis la période d’après-guerre : en Finlande, l’extrême-droite a obtenu 19,1% des voix aux législatives de 2011. C’est aussi le cas en Suisse, et pourtant on peut remarquer que ce sont des pays peu concernés par la crise économique et sociale.

- deuxièmement, par une poussée au niveau des idées. Les idées d’extrêmes-droite sont prises en compte voire récupérées par d’autres partis (par l’UMP et Sarkozy en 2007 sur la question de l’identité nationale, sur le durcissement vis-à-vis des migrations…). Des idées qui étaient autrefois attachées à l’extrême-droite se rejoignent maintenant au centre de l’échiquier politique car le centre de gravité se déplace : ce qui était inacceptable le devient aujourd’hui.

Selon vous, la banalisation des thèmes autrefois portés par le FN constitue-t-elle un avantage ou un désavantage pour ce parti ?

Il ne s’agit pas d’une banalisation mais plutôt d’une normalisation : ces idées prennent corps, elles sont davantage en phase avec la réalité car le contexte a changé. Pour ce qui est du discours sur la sortie de l’euro, ils sont les seuls à le porter : ils veulent prouver que c’est faisable, mais cela relève surtout d’un phénomène de surenchère rhétorique permanente par rapport aux autres partis.

Si Sarkozy s’est emparé des thèmes du FN, c’est parce qu’il s’est rendu compte que ces thèmes étaient populaires dans la population française (cf. sondages). Au départ, c’est bien les opinions publiques qui ont évolué dans leur compréhension des phénomènes sociaux. Cette reprise des thèmes contribue à en faire des questions de société, et d’une certaine manière à les légitimer.

C’est un fait que la société française aujourd’hui n’a pas le même visage que dans les années 70 (immigration, rôle de l’UE…). Au départ, il y a des faits concrets. Par rapport à l’islam par exemple, les prières de rue, les femmes voilées etc. n’étaient pas un problème dans les années 70-80.

Ce ne sont pas les médias qui ont créé le FN, c’est bien le discours du parti qui entre plus en résonance avec le contexte actuel, et les représentations des opinions publiques qui ont changé.

Le FN est-il un parti républicain ?

Tout dépend de ce qu’on entend par « république ». On en trouve deux conceptions différentes en France :

- d’abord, une conception qui est le produit de la Révolution Française et qui est liée à la question de la laïcité, des Droits de l’homme, de l’égalité… Cette forme de républicanisme démocratique ne correspond pas au FN.

- il y a une autre conception, qui était celle du général Boulanger ou d’un Maurice Barrès à la fin du XIXe siècle, une conception autoritaire : ce qui importe, c’est l’idéal républicain c’est-à-dire d’abord les institutions, la perpétuation de la nation, de l’Etat. De fait, le FN ne prône pas autre chose qu’un modèle institutionnel républicain.

Pour répondre à cette question, le problème crucial est celui du racisme. On trouvait déjà chez Barrès un discours sur « la terre et les morts », l’idée qu’il existe une race française représentée par ceux qui sont nés sur le territoire, et en même temps Barrès était un fervent républicain. Le FN est donc le produit d’une certaine forme de république. Si on retient la République en tant que produit de la Révolution Française, alors non, ce n’est pas un parti républicain.

Peut-on dissocier populisme et nationalisme ?

Le nationalisme est forcément populiste car il consiste à penser que la nation est éternellement menacée car construite sur une identité immuable (cultures, héritages…). Les nations, dès lors qu’elles sont en contact, sont menacées (elles s’altèrent et donc seraient vouées à disparaître). Selon cette conception, ne font partie de la nation que les autochtones, ceux qui ont hérité des valeurs de la nation. En même temps, le peuple est celui qui est le plus national par opposition aux élites qui sont plus internationalisées et veulent vendre la nation à l’étranger.

Le populisme n’est pas une idéologie mais une rhétorique qui oppose de manière systématique bons/méchants, nation protectrice/étranger dangereux.

Le nationalisme bascule forcément dans le populisme. Mais le discours populiste ne bascule pas forcément dans le nationalisme (par exemple, en Italie, Beppe Grillo n’est pas nationaliste). L’extrême gauche a aussi une rhétorique populiste, mais elle n’est pas nationaliste.

Le mot de la fin

Il faut arrêter de chercher les responsables là où ils ne sont pas. On s’est longtemps disculpé en disant que les extrêmes avaient un discours creux, seulement lié à la crise, que ce sont des nazis… Avec ce genre de discours, on fait monter les extrêmes. 25% de la population sont peu ou prou d’accord avec leurs idées. Il y a certes une responsabilité des médias dans l’extrémisation des extrêmes en les présentant comme des fascistes. A vouloir dire : « c’est la faute de Sarko, des médias… », on fait fausse route et on ne prend pas suffisamment au sérieux la capacité de ces partis à avoir un discours électoral crédible et qui peut un jour arriver au pouvoir. On a toujours peur de se faire cataloguer comme fasciste si on admet que certains sujets abordés par ces partis peuvent être intéressants : il ne faut pas s’interdire d’en parler. Le problème avec Sarkozy, c’est qu’il a repris certains sujets, mais aussi, au bout d’un moment, les mêmes solutions que le FN. Cette situation crée un fossé grandissant entre l’opinion publique et la classe politique. Accuser le FN directement, c’est aussi accuser tous ceux qui votent pour lui, et d’une certaine manière mettre en cause la démocratie.

Nous remercions vivement Magali Balent d’avoir accepté notre invitation, et merci à tous pour votre participation !

On 11 avril 2013 0 Comment

Revenu inconditionnel, fausse bonne idée pour alternative crédible ?

Terra Nova Sciences Po Lyon vous invite à débattre de cette idée avec Baptiste Mylondo, professeur d'Economie et de Philosophie politique à l'IEP de Lyon, pendant le café-débat qui se déroulera le mercredi 17 avril à 20h30 au Broc Café (2, place de l'Hôpital).

RÉSERVATION OBLIGATOIRE sur :

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-par MP sur la page fb de Terra Nova Sciences Po Lyon

   
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